Juliette cadillac & compagnie

de Claudine Malraison

Une gamine regarde vivre les grands et raconte au quotidien les frasques d’une drôle de tribu.
Avec une écriture d’une singularité touchante et le sens de l’observation d’une petite souris,
Claudine Malraison restitue ici, sur fond de meurtre, toute l’espièglerie de l’enfance :
un monde d’innocence et de malice où perce parfois un soupçon de cruauté.
C’est pour le lecteur un vrai plaisir que de plonger dans cette histoire
aux accents de sincérité toute habitée de fantaisie et de suspense.


Juliette , cadillac § compagnie
de Claudine Malraison

96 pages • 120 x 190
Couverture souple
Prix public : 10 euros
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Lien vers le site de Claudine Malraison

« Je t’aime », on me l’a jamais dit. Les grandes déclarations ce n’est pas le genre de la famille,
on a la pudeur de nos sentiments. On s’aime sûrement mais ça se dit pas.
Ou avec les yeux ou autre chose, j’en sais rien, moi. C’est comme ça, voilà tout…
Nous sommes toute une flopée de filles, sœurs, cousines, issues du baby boom.
Eddy mon frère est le seul garçon de la famille. Tout le monde l’adore, mais mon père lui mène la vie dure.
Il voudrait qu’il soit un homme, un vrai. Mais c’est Monique, ma sœur, la chef de bande, qui est la préférée de mon père.
Moi, je suis la plus jeune et j’ai des jambes comme des allumettes. À l’hôpital, on m’a fait l’extrême-onction
dès ma naissance parce que la sage-femme craignait que je ne survive pas.
Il faut dire qu’avant moi maman avait déjà accouché d’un enfant mort-né.
Alors forcément, tout le monde doit penser qu’elle ne sait faire que ça. Comme j’étais déjà quasiment
entre les mains de Dieu, mes parents ont décidé que ça ferait bien l’affaire.
Du coup, je n’ai jamais été baptisée. Chez nous extrême-onction vaut baptême.

Extrait de Juliette cadillac & compagnie


La critique de Laurent Bayart
A lire ci-dessous ou sur le site de l’écrivain

L’artiste plasticienne Claudine Malraison semble s’être prise du virus de l’écriture.
En effet, elle avait fait paraître en 2017 un charmant petit ouvrage « La Grange aux souvenirs »*
où elle racontait son enfance vécue dans l’ancien quartier des maraîchers de la Robertsau, près de Strasbourg.
Joies et tragédies qui se déroulèrent dans une vieille grange, à l’image d’une armoire recelant des trésors de souvenirs.
Voici que son nouveau livre intitulé Juliette, cadillac & compagnie nous propose une façon de suite.
Cet élégant opus littéraire entraîne, à nouveau, ses lecteurs dans cette grange où sommeille une vétuste cadillac,
lieu de rencontres, faisant office de chambre à coucher pour un frère-luciole donnant rendez-vous à ses conquêtes…
sous le regard impassible du tableau de bord. La dernière en date, conviée à une partie de jambes en l’air gémissait,
un pied dépassant par la fenêtre de la portière, une sandale Séducta suspendue à l’orteil…
Sous les yeux d’une gamine qui regarde vivre les grands et raconte au quotidien les frasques d’une drôle de tribu, 
l’auteur dresse le portrait de personnages haut en couleur.
Petite fille aux jambes comme des allumettes à laquelle on administra l’extrême onction à la naissance 
parce que la sage-femme craignait que je ne survive pas. 
Galerie de personnalités où Gaspard, Eddy, Willy ou la Grosse Bertha font briller et griller de leurs frasques
les photos sépia de l’album-souvenir, tandis que la disparition de Juliette – et son destin dramatique –
laisse un trou béant à l’emplacement du cliché…
Agréable opuscule que l’on grignote à l’image du temps qui passe
sous la pointe vorace des aiguilles d’une horloge.
Laurent Bayart


La critique de Marie-Claudine Nagel
Engagée depuis plus de 40 ans dans la bibliothèque sonore de Strasbourg et du Bas-Rhin.
Après « La Grange aux souvenirs », Claudine Malraison fait paraître un nouvel opus
dans son style si particulier et qui lui fait une belle suite.
Un roman au parfum d’enfance, qui parlera à beaucoup de lecteurs,
et plus spécialement aux Robertsauviens qui y reconnaîtront quelques lieux emblématiques du quartier.
A huit ans, la narratrice a une compagne à quatre pattes, Renate, une truie familière et un refuge, la vieille cadillac, dans la grange.
Elle observe les adultes qui l’entourent, sans toujours bien comprendre leur comportement et leurs remarques.
Elle a bien un grand frère, Eddy, coureur de jupons, et une sœur, Monique, mais ils sont plus âgés qu’elle, ‘La p’tite’.
Livrée souvent à elle même, elle voit peu sa mère, malade, et son père qui l’aime,
mais dont deux passions absorbent son temps : la pêche et le bistrot.
Heureusement, il y a l’entourage familial, les oncles et tantes chez qui se réfugier, les voisins et puis Maria,
dont l’affection bougonne sera un rempart dans les moments difficiles.
Mais pourquoi Juliette s’est-elle enfuie de la grange ? Qui a tué cette adolescente ?
La réponse interviendra trois ans plus tard,
alors que l’enfant entre au collège et que son univers bascule à nouveau,
face à des adultes souvent incompréhensibles.
A l’exception de deux chapitres, c’est bien une enfant qui raconte
avec brio et humour, à travers son prisme, ce qu’elle perçoit, comprend ou non de son univers.
Mais nous retrouvons aussi avec plaisir l’auteure-peintre, au détour de quelques comparaisons picturales.